Et si je laissais la voiture au garage...

Publié le par alain Barbasso

C'est une question qu'il faudrait se poser plus souvent. Mais jusqu'au bout, ne pas toujours trouver un prétexte, une excuse pour finalement faire comme les autres. La voiture, c'est facile, c'est confortable, assez souvent plus rapide. 
Le train ou le car je l'attend un peu et il n'arrive pas exactement là où je veux. La marche : l'homo érectus en a perdu l'habitude. Le vélo, c'est dur, dangereux... 
Des arguments pour nous faire utiliser les modes doux de déplacement, il y en a aussi beaucoup et nous les connaissons tous.
Il y a tout d'abord le coût de l'énergie. Il y a aussi sa raréfaction, et même si l'homme va sûrement et très rapidement trouver d'autres énergies, on peut cependant penser que la production de cette énergie engendrera toujours des effets négatifs sur notre planète, et/ou notre santé. En matière d'environnement, on a aussi tous pris conscience que nos déplacements motorisés sont source de production de carbone, gaz à l'origine de l'effet de serre qui modifie notre climat. Les dépenses caloriques, l'entretien musculaire et articulaire  que la marche ou le vélo permettent de réaliser améliorent notre capital santé de façon non négligeable.
Mais l'argument suprême, et au final celui qui va faire que je ne vais pas me "débiner" au moment de prendre mon vélo...
C'est le plaisir !
Le plaisir de prendre un peu son temps, de flâner un peu, de se dire parfois qu'on ne se laissera pas rattraper par cette société "rouleau compresseur" qui exige de nous (peut-être dans nos têtes seulement!) que l'on fasse toujours plus, toujours plus fort, toujours plus vite, toujours mieux.
Le plaisir des rencontres. A vélo, à pied, dans le train, le tram... on est près des gens, près des autres.
On peut les observer, chercher à savoir qui ils sont, ce qu'ils font, ce qu'ils pensent. On peut se parler. Simplement un signe de tête ou un bonjour discret parce qu'on se voit tous les jours à la même heure. Mais aussi avoir des "copains ou copines de train", des gens dont on ne connait rien mais avec qui on peut avoir des conversations complètement futiles, jusqu'à des sujets brûlants et passionnants. Parfois on s'entraide; un petit coup de pompe dans un pneu sous gonflé, un bras pour faire traverser la grand-mère, un conseil pour réparer la crevaison, la poussette de la jeune maman à faire monter dans le car, une direction à indiquer...
Le plaisir des odeurs. Si le trajet est campagnard, ce seront des odeurs végétales et animales. Dans nos cités, elles sont multiples aussi : la fournée du boulanger, un parfum féminin, le camion pizza, les rond-point fleuris, les différents essences d'arbres près du jardin des plantes... Parfois, elles sont subtiles, certaines plus agressives. Même les odeurs industrielles ou des véhicules motorisées peuvent parfois ne pas être désagréables.
Depuis un demi-siècle, on a tous laissé la voiture nous envahir. Envahir nos villes et nos cerveaux. Mon propos, n'est pas d'en contester son immense utilité. C'est une invention géniale de l'homme, les services qu'elle nous rend ne peuvent être remis en cause.
C'est son omniprésence qui me gène, qui m'indispose, qui m'ulcère, qui me révolte...
La voiture, dévore l'espace urbain. Elle occupe la chaussée, jusqu'à aux heures de pointe s'étaler en un ruban ininterrompu. Elle occupe les trottoirs, les cours, les terre-plein. Elle s'insinue, se faufile, pour se poser dans le moindre espace de la cité laissé inoccupé.


 

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